Le 22 septembre dernier, dans la capitale togolaise, la Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement togolais ont remis sur la table l’un des chantiers d’infrastructure les plus ambitieux du pays : le dédoublement de la route nationale n°1 (RN1) reliant Lomé à Cinkassé. Estimé à 2,9 milliards de dollars, soit environ 1 740 milliards de FCFA selon certaines sources nationales, ce projet est présenté comme un levier stratégique pour l’intégration régionale, la fluidité des échanges et la croissance économique.
La RN1, pilier de la circulation nord-sud du pays, joue le rôle de corridor vital pour les nations sans accès maritime alentour. Son renforcement n’est pas une simple opération de modernisation : il s’agit de doubler la chaussée, avec l’objectif de désengorger le trafic, réduire les coûts logistiques et positionner le Togo comme hub logistique sous-régional.
Parallèlement, la BAD a confirmé son appui à un autre chantier de grande envergure : l’extension de l’aéroport international de Lomé-Tokoin, chiffrée à plus de 80 milliards de FCFA (ou 100 millions d’unités de compte selon d’autres estimations). L’objectif est clair : renforcer les capacités de passagers et de fret de la plateforme, pour accompagner l’essor commercial du pays.
À ce jour, le portefeuille de la BAD au Togo est estimé à 425 millions d’unités de compte, représentant près de 343 milliards de FCFA, répartis sur 22 opérations (16 nationales et 6 régionales). Le taux global de décaissement s’élève à 72,7 %. Ces financements couvrent des secteurs tels que l’agriculture, l’énergie, les transports, la gouvernance et le développement social.
Ce relancement intervient dans le cadre de la réévaluation de la stratégie pays 2022-2026 de la BAD, à mi-parcours. Durant quatre jours, jusqu’au 25 septembre, des discussions techniques et stratégiques sont attendues pour ajuster les priorités, identifier les blocages et revisiter les acquis. Wilfried Abiola, responsable-pays de la BAD, a souligné que cet exercice devait permettre “de revisiter nos acquis, d’identifier nos insuffisances et de formuler des solutions pragmatiques.”
Mais ce nouvel élan ne vient pas sans défis. Dans le contexte d’un monde soumis à des chocs exogènes, crises climatiques, instabilités financières mondiales, la mobilisation des contreparties nationales devient cruciale. Le gouvernement devra garantir sa capacité à honorer les obligations financières qui accompagneront ces investissements, faute de quoi les retards et blocages ne seront pas évitables.
L’efficacité des investissements publics est sous les projecteurs. Un rapport du FMI via l’évaluation C-PIMA en 2024 note des marges de progrès dans la planification, la coordination et la transparence des dépenses publiques, des aspects particulièrement sensibles pour les gros projets d’infrastructure.
