Raffinerie d’or : le Burkina Faso se démarque et fait un pas de géant

Le Burkina Faso voit grand et s’est lancé dans une nouvelle étape en ce qui concerne sa politique de transformation locale de ses ressources minières. Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a inauguré ce lundi 28 septembre 2026 à Ouagadougou la première raffinerie d’or du pays, baptisée Raffinor-BF. Implantée dans le quartier de Ouaga 2000, cette infrastructure doit permettre au Burkina Faso de traiter et de valoriser une partie de son or sur son propre territoire, plutôt que de l’exporter essentiellement sous une forme non raffinée.

Installée sur un site de 5 hectares, Raffinor-BF représente un investissement global annoncé de 11 milliards de FCFA, financé en grande partie par l’État. Sa capacité de traitement est annoncée à 400 kilogrammes d’or par jour, soit environ 150 tonnes par an, avec une pureté pouvant atteindre 99,99 %. Le complexe comprend notamment un laboratoire d’analyse, une fonderie, un espace sécurisé de stockage et une unité de bijouterie.

Le projet avait été lancé le 23 novembre 2023, date à laquelle Ibrahim Traoré avait posé la première pierre de l’usine. Près de trois ans plus tard, son inauguration matérialise l’un des axes de la stratégie burkinabè visant à renforcer la maîtrise nationale de la chaîne aurifère.

« L’or du Burkina se raffine au Burkina », résume le mot d’ordre affiché par les autorités. Lors de l’inauguration, le capitaine Ibrahim Traoré a estimé que l’or du pays ne devait plus seulement être extrait, mais également « transformé, contrôlé, valorisé et certifié » au Burkina Faso. Il a également affirmé que le pays entendait ainsi « briser » le maillon de sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

L’enjeu est considérable. L’or demeure le premier produit d’exportation du Burkina Faso. Selon les données officielles communiquées en septembre, la production nationale d’or brut a atteint 100,692 tonnes en 2025, dont 57,773 tonnes issues de l’exploitation industrielle et 42,698 tonnes de l’exploitation artisanale.

La nouvelle raffinerie arrive donc dans un secteur qui pèse lourd dans l’économie nationale. Son ambition ne se limite pas à produire des lingots : les autorités veulent renforcer le contrôle de la production, améliorer la traçabilité du métal précieux et conserver davantage de valeur ajoutée au niveau national. Le complexe doit également générer 100 emplois directs et 5 000 emplois indirects, selon les chiffres officiels.

Une deuxième installation est par ailleurs annoncée afin de porter, à terme, la capacité de raffinage à 515 tonnes d’or par an, toujours selon les autorités burkinabè.

Reste désormais l’épreuve du fonctionnement industriel. Avec une capacité théorique de 400 kg par jour, Raffinor-BF pourrait disposer d’un outil supérieur aux volumes effectivement produits chaque année dans le pays. Sa performance dépendra donc de son approvisionnement, de sa montée en régime, de la capacité des autorités à intégrer la production artisanale et industrielle dans une chaîne formelle, mais aussi de la maîtrise des circuits de commercialisation.

L’inauguration constitue ainsi moins un aboutissement qu’un nouveau point de départ. Le véritable enjeu pour Ouagadougou sera de transformer cette capacité industrielle en retombées économiques durables : davantage de valeur ajoutée captée localement, un meilleur contrôle du métal produit et, au-delà de la raffinerie, la constitution progressive d’une véritable chaîne de valeur autour de l’or burkinabè.

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