ONU : l’entrée en lice d’un deuxième Africain complique la course de Macky Sall

La course à la succession d’António Guterres prend une nouvelle dimension pour l’Afrique. L’ancien ministre ougandais des Affaires étrangères Olara Otunnu a officiellement rejoint la compétition pour le poste de secrétaire général des Nations unies, ajoutant une nouvelle candidature africaine à celle de l’ancien président sénégalais Macky Sall. Le prochain secrétaire général doit prendre ses fonctions le 1er janvier 2027, le mandat d’António Guterres arrivant à son terme le 31 décembre 2026.

La candidature de Macky Sall, officiellement présentée par le Burundi le 2 mars 2026, bénéficie désormais du soutien officiel du Sénégal. Le président Bassirou Diomaye Faye a décidé, le 20 juillet 2026, d’apporter son plein soutien à son prédécesseur, après une rencontre entre les deux hommes à Dakar. Cette décision intervient alors que les relations politiques entre les deux camps avaient été particulièrement tendues depuis l’alternance de 2024.

L’entrée en lice d’Olara Otunnu constitue néanmoins un nouveau paramètre dans la stratégie africaine. Ancien chef de la diplomatie ougandaise et ancien représentant spécial des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, il dispose d’une longue expérience de la diplomatie multilatérale. Sa candidature place ainsi deux personnalités africaines face à face dans une compétition qui compte également plusieurs prétendants issus d’autres régions du monde.

Pour le continent africain, l’enjeu dépasse donc désormais la seule présence d’un candidat. Il s’agit de parvenir à rassembler suffisamment de soutiens autour d’un profil capable de franchir les différentes étapes du processus de sélection. Le secrétaire général est recommandé par le Conseil de sécurité avant d’être nommé par l’Assemblée générale. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité disposent, à ce stade, d’un poids déterminant dans la procédure.

La compétition africaine pourrait dès lors devenir un exercice diplomatique délicat. Alors que Dakar cherche à mobiliser le soutien international autour de Macky Sall, l’arrivée d’un second candidat issu du continent risque de disperser les appuis africains plutôt que de les concentrer sur une candidature unique. Il serait toutefois prématuré d’affirmer que cette nouvelle candidature constitue une défaite pour Macky Sall : le choix final dépendra largement des alliances diplomatiques et des équilibres au Conseil de sécurité.

La candidature de l’ancien président sénégalais s’inscrit déjà dans un processus international bien engagé. Selon les Nations unies, plusieurs candidats ont été officiellement présentés et auditionnés dans le cadre de la nouvelle procédure de sélection, qui vise à renforcer la transparence du processus. La décision finale devrait ainsi résulter d’un long processus de consultations et de négociations diplomatiques.

Pour l’Afrique, le véritable défi sera donc moins de compter ses prétendants que de parvenir à transformer ses candidatures en influence diplomatique. Avec deux profils africains désormais engagés dans la course, le continent dispose de plusieurs options, mais devra aussi éviter que cette pluralité ne réduise ses chances d’obtenir le poste le plus élevé de l’Organisation des Nations unies.

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