Le rapprochement aura duré environ huit mois. Le professeur franco-camerounais Franklin Nyamsi, récemment perçu comme un soutien du pouvoir togolais, opère un spectaculaire changement de discours à l’égard de Faure Gnassingbé. Après avoir participé, en décembre 2025, au 9ᵉ Sommet panafricain de Lomé, où il avait affiché une proximité avec les autorités togolaises, l’universitaire tient désormais des propos particulièrement critiques envers le régime, alimentant les interrogations sur les raisons de ce revirement.
Ce changement de position est relevé par le journal Liberté, qui rappelle avoir vivement critiqué la participation de Franklin Nyamsi à ce sommet organisé du 8 au 12 décembre 2025, estimant qu’il avait alors cautionné un pouvoir qu’il dénonçait auparavant. À l’époque, le média voyait dans cette présence une caution apportée au régime togolais et à sa stratégie de communication autour du panafricanisme.
Près de huit mois plus tard, le ton a radicalement changé. Franklin Nyamsi estime désormais que Faure Gnassingbé ne dispose pas d’une véritable légitimité populaire et invite le chef de l’État togolais à engager une transition politique fondée sur le dialogue et la réconciliation nationale. S’appuyant notamment sur le récent accord de coopération militaire conclu entre le Togo et la Russie, il met en garde contre les risques d’une gouvernance reposant, selon lui, sur « la force des armes », les réformes constitutionnelles contestées et les fraudes électorales.
« Je demanderais au président Faure Gnassingbé d’envisager un Togo qui ne soit pas dirigé par lui ; d’envisager un véritable dialogue, une véritable réconciliation nationale », affirme-t-il.
L’universitaire appelle également à une mise en œuvre rapide de l’accord de coopération militaire avec Moscou, estimant que le pays fait face à des menaces sécuritaires qui nécessitent une réponse efficace.
Ce repositionnement suscite toutefois le scepticisme de plusieurs observateurs et d’une partie de la diaspora togolaise. Certains y voient une prise de conscience tardive, tandis que d’autres s’interrogent sur la sincérité de cette nouvelle posture, rappelant les liens qu’entretenait récemment Franklin Nyamsi avec les autorités togolaises. Le débat reste ouvert entre ceux qui saluent une évolution de son analyse et ceux qui soupçonnent un calcul politique.
Au-delà du cas personnel de Franklin Nyamsi, cette séquence illustre les divisions persistantes autour de la gouvernance togolaise et du rôle de certaines figures du panafricanisme dans le débat politique africain. Les déclarations du professeur franco-camerounais interviennent dans un contexte où les questions de gouvernance, de réformes institutionnelles et de souveraineté continuent d’alimenter les discussions au Togo comme au sein de sa diaspora.
