Nibombé Waké, le dernier arrêt du gardien des Éperviers

Le football togolais vient de perdre l’un de ses visages les plus marquants. Nibombé Waké, ancien gardien emblématique des Éperviers du Togo, s’est éteint ce jeudi 16 octobre 2025, après un long combat contre la maladie. La disparition de ce joueur légendaire, qui avait marqué les années 1990 et 2000 par son talent et son courage, plonge le monde sportif national dans une profonde tristesse.

Né le 19 février 1974, Nibombé Waké avait conquis les cœurs par son sens du devoir et son professionnalisme exemplaire. Gardien de but de la sélection nationale lors des Coupes d’Afrique des Nations 1998 et 2000, il faisait partie de cette génération d’Éperviers qui ont hissé le drapeau togolais sur la scène continentale. Reconnu pour ses réflexes fulgurants et sa discipline de fer, il incarnait l’école d’un football togolais rigoureux, engagé et passionné.

Après sa carrière, Waké s’était tourné vers la formation, transmettant son expérience en tant qu’entraîneur des gardiens. Son amour du jeu et son dévouement pour la jeunesse faisaient de lui une figure respectée dans le milieu du football local, bien au-delà des terrains.

Mais l’homme portait en lui une blessure indélébile : celle de Cabinda, en janvier 2010. Ce jour-là, le bus transportant la sélection togolaise, en route pour la CAN en Angola, fut la cible d’une attaque armée. Trois membres de la délégation perdirent la vie et plusieurs furent grièvement blessés, dont Waké. Le gardien, marqué à vie par le drame, en était ressorti vivant, mais profondément meurtri. Son courage et sa résilience après cette tragédie avaient fait de lui un symbole de survie et de dignité pour tout un peuple.

Ces dernières années, pourtant, la vie de Nibombé Waké s’était assombrie. Miné par la maladie et des difficultés financières, il avait lancé un appel à l’aide resté sans réponse. Le 25 juin dernier, dans une vidéo partagée sur le réseau X par le journaliste ghanéen Ibrahim Sannie Daara, ancien porte-parole de la Fédération ghanéenne de football, l’ex-gardien implorait une rencontre avec Sir Sam Jonah, président de son ancien club AshantiGold, où il avait évolué plus de quatre ans. Sa voix tremblante révélait la détresse d’un homme oublié :

« Je ne vais pas lui demander de l’argent, mais je suis sûr qu’il trouvera un moyen de m’aider, parce que c’est un homme compatissant. Je prie Dieu pour me faire voir Sir Sam Jonah. C’est un homme bon qui aime vraiment le football. »

Cet appel, empreint d’humilité et de douleur, n’aura malheureusement pas trouvé d’écho. Et c’est dans un quasi-silence que le gardien s’est éteint, laissant derrière lui l’image d’un patriote tombé dans l’oubli.

Que son âme repose en paix.

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