Alors qu’il avait contenu le virus depuis 2022, le Ghana vient d’enregistrer son premier décès dû au Mpox. Une alerte sanitaire qui ravive l’inquiétude en Afrique de l’Ouest, dans un contexte continental marqué par une recrudescence inquiétante.
Le Ghana, jusque-là cité comme un exemple de gestion efficace du virus Mpox depuis son apparition sur son territoire en juin 2022, a annoncé son premier décès lié à la maladie. L’information a été confirmée ce dimanche 27 juillet 2025 par les autorités sanitaires. « Ce décès nous rappelle que la menace est toujours présente. Nous devons redoubler de vigilance », a déclaré un responsable du ministère de la Santé.
Ce décès survient alors que le pays enregistre une hausse significative des cas. Selon le dernier rapport épidémiologique national, 257 cas ont été recensés depuis 2022, dont 23 rien que sur la dernière semaine, soit une augmentation de près de 10 % en sept jours. Ce regain brutal d’infections place les autorités face à une urgence sanitaire inattendue, dans un pays où les ressources médicales demeurent limitées, notamment en matière de prévention et de vaccination.
Face à la résurgence du virus, le gouvernement ghanéen prépare une campagne de vaccination d’urgence. L’opération, coordonnée avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), devrait débuter dès la réception des doses promises. Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué, mais les autorités affirment vouloir cibler en priorité les régions les plus touchées.
La situation au Ghana n’est qu’un maillon d’une chaîne de flambées épidémiques observées sur le continent africain. Le dernier rapport de l’OMS indique que depuis janvier 2024, plus de 37 000 cas de Mpox ont été enregistrés dans 25 pays africains, avec 125 décès confirmés.
La République démocratique du Congo (RDC) reste l’épicentre de l’épidémie, concentrant à elle seule 60 % des infections et 40 % des décès. Les pays voisins comme l’Ouganda, le Burundi ou la Sierra Leone enregistrent également des vagues épidémiques préoccupantes. Ce contexte régional tendu met en lumière l’insuffisance des réponses nationales, souvent freinées par le manque de financements, la dépendance vis-à-vis des partenaires techniques et financiers, et l’absence de stratégies concertées.
Autrefois appelé « variole du singe », le Mpox continue de souffrir d’un déficit de reconnaissance sur la scène internationale. Malgré des formes graves et une transmission avérée d’humain à humain, il est souvent perçu comme un virus secondaire, moins médiatisé que d’autres menaces sanitaires comme le COVID-19 ou Ebola. Ce manque de visibilité nuit à la mobilisation des financements nécessaires à la recherche, à la prévention et à la vaccination.
L’annonce du premier décès lié au Mpox au Ghana agit comme un électrochoc. Elle remet en question les stratégies de veille sanitaire, notamment dans les grandes métropoles comme Accra, Kumasi ou Tamale, où les déplacements fréquents peuvent favoriser la diffusion rapide du virus. Plusieurs observateurs estiment que la réponse sanitaire doit désormais se doubler d’une réponse communautaire, en impliquant les leaders locaux, les ONG, et les médias dans une campagne massive d’information.
Ce nouveau chapitre de l’épidémie place également les pays de la sous-région en état d’alerte. Le Togo, la Côte d’Ivoire ou encore le Bénin, qui partagent des frontières terrestres et des échanges humains quotidiens avec le Ghana, pourraient être exposés à court terme. Pour l’instant, aucun cas n’a été signalé dans ces pays en juillet, mais la vigilance est renforcée aux frontières.
