Libération des prisonniers « politiques » : l’audace de l’ANC

Au lendemain de la libération de 1 511 détenus intervenue le 31 décembre 2025, à la faveur d’une mesure de grâce et de clémence décidée par le président du Conseil, Faure Gnassingbé, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) est sortie de sa réserve. Dans un communiqué rendu public le jeudi 8 janvier 2026, le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre prend acte de cette décision tout en posant des exigences jugées incontournables pour solder, selon lui, le dossier des prisonniers politiques au Togo.

L’ANC affirme que parmi les bénéficiaires de cette mesure figurent des détenus qu’elle qualifie de prisonniers politiques, incarcérés « injustement » dans les geôles togolaises et dans d’autres lieux de détention. Le parti exprime sa solidarité à leur égard, les décrivant comme des « combattants et combattantes de la liberté et de la démocratie », et salue leur « courage » ainsi que leur « engagement exemplaire ». « L’ANC demeure convaincue que leurs sacrifices ne seront pas vains », souligne le communiqué.

Dans le même élan, la formation politique orange étend sa solidarité à ceux qu’elle présente comme des prisonniers d’opinion toujours détenus et demande leur libération « immédiate et sans condition ». Elle évoque notamment des cas de détention remontant à huit (08) années, voire davantage. « Ces braves citoyens, pères et mères de famille, ont vu leur vie brisée et sacrifiée sur l’autel de la duplicité du pouvoir liberticide RPT/UNIR et de son mépris vis-à-vis du peuple togolais souverain », accuse l’ANC.

S’appuyant sur les précédents jugés douloureux de détentions arbitraires et de violences dont les séquelles « restent gravées dans les mémoires collectives », le parti formule cinq (05) exigences majeures à l’endroit du gouvernement. Il réclame d’abord l’octroi d’une indemnisation « conséquente » à tous les prisonniers politiques, calculée en fonction du nombre d’années passées en détention, afin de servir de dédommagement et de faciliter leur réinsertion sociale. L’ANC exige également la libération rapide et sans condition de tous les prisonniers politiques encore incarcérés, la levée du contrôle judiciaire imposé à ceux déjà libérés, la prise en charge médicale par l’État de l’ensemble des détenus politiques, ainsi que l’abandon de toutes les charges qu’elle juge « injustes et injustifiées ».

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