Dépendance énergétique : le Togo, le Bénin et le Niger doivent 17,8 millions de dollars au Nigeria

Le Togo, le Bénin et le Niger cumulent une ardoise de 17,8 millions de dollars, soit environ 25 milliards de nairas, envers le Nigeria pour des fournitures d’électricité dans le cadre d’accords bilatéraux transfrontaliers. L’information émane de la Commission nigériane de régulation de l’électricité (NERC), qui dresse un tableau préoccupant de la situation financière des échanges énergétiques sous-régionaux dans son rapport du troisième trimestre 2025.

Selon ce document, les trois compagnies nationales – la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET), la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE) et la Société nigérienne d’électricité (NIGELEC), ont été facturées à hauteur de 18,69 millions de dollars pour l’énergie livrée sur la période. Mais seuls 7,125 millions de dollars ont été effectivement réglés, laissant un encours impayé de 11,56 millions de dollars. À ces arriérés récents s’ajoutent des dettes antérieures de 14,7 millions de dollars, dont 7,84 millions ont été payés, pour un solde restant dû de 6,23 millions de dollars. Au total, l’exposition financière atteint ainsi 17,8 millions de dollars.

La NERC précise que, pour le seul troisième trimestre 2025, les trois acheteurs internationaux n’ont honoré que 38,09 % des montants facturés, plus de la moitié des créances demeurant impayées à la clôture de la période. L’électricité concernée est produite par des sociétés nigérianes de production (GenCos) raccordées au Nigerian Electricity Supply Industry (NESI) et exportée dans le cadre d’accords bilatéraux transfrontaliers, qui constituent un pilier de l’interconnexion énergétique ouest-africaine.

En contraste, les performances des clients bilatéraux nationaux nigérians apparaissent nettement meilleures. « Les clients bilatéraux nationaux ont réglé un montant cumulé de 3,19 milliards de nairas sur une facture de 3,64 milliards de nairas émise pour des services rendus au troisième trimestre 2025, représentant un taux de recouvrement de 87,61 % », souligne la commission. Cette comparaison met en évidence la fragilité du segment international et le risque qu’il fait peser sur la trésorerie du secteur.

Pour le Togo, déjà confronté à des défis structurels dans la production et la distribution d’électricité, ces arriérés révèlent une dépendance persistante aux importations, notamment en provenance du Nigeria et, dans une moindre mesure, du Ghana. Les difficultés de paiement de la CEET s’inscrivent dans un contexte de croissance rapide de la demande, d’efforts d’extension du réseau et de pression sur les finances publiques, alors que le pays poursuit des investissements dans les centrales thermiques, solaires et dans l’interconnexion régionale au sein du Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (WAPP).

La NERC met en garde : la faiblesse des envois de fonds, « en particulier de la part des clients internationaux, pourrait mettre à rude épreuve la liquidité du secteur de l’énergie et compromettre la viabilité des contrats d’approvisionnement en électricité ».

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