Décentralisation au Togo : les élus régionaux se forment aux rouages de l’exercice de la tutelle à Blitta

Les 16 et 17 juin derniers, la ville de Blitta-Gare a accueilli un atelier de formation stratégique à destination des acteurs régionaux de la décentralisation des régions Centrale et Plateaux. Placée sous l’initiative de l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT), avec le soutien financier de la Banque mondiale à travers le Programme de modernisation de l’administration publique pour la délivrance des services (PMADS), cette session visait à renforcer la compréhension des mécanismes de la tutelle administrative, financière et institutionnelle dans le processus de décentralisation au Togo.

Depuis l’adoption du nouveau cadre institutionnel marqué par la création des conseils régionaux et la mise en œuvre progressive de la gouvernance locale, la clarification des rôles entre collectivités et autorités de tutelle est devenue un enjeu majeur pour éviter les chevauchements de compétences et garantir l’efficacité des politiques publiques de proximité. C’est dans ce contexte que cette rencontre a été organisée, rassemblant les élus régionaux, des responsables administratifs et des représentants des organes de tutelle pour une mise à niveau collective autour des textes encadrant la décentralisation et les rapports entre l’État central et les collectivités territoriales.

Les participants ont ainsi bénéficié de plusieurs modules, centrés notamment sur la notion de tutelle elle-même, administrative, financière et sur les personnes, ainsi que sur l’identification des documents et actes relevant du contrôle de légalité ou nécessitant approbation. Au-delà de la théorie, des cas pratiques ont permis d’illustrer les relations fonctionnelles entre les autorités locales et les structures centrales, particulièrement dans un contexte où la décentralisation est encore jeune et sujette à des incompréhensions juridiques et institutionnelles.

À l’issue des deux jours de formation, le sentiment général exprimé par les participants était celui d’un renforcement significatif de leurs capacités à agir dans le respect des textes et dans la collaboration efficace avec leur tutelle. « Cette formation nous a permis d’être mieux préparés pour affronter les défis qui se posent à nous dans la mise en œuvre de la décentralisation. Aujourd’hui, nous savons après cette formation les actes que nous devons poser, et nous savons comment travailler avec notre tutelle », a déclaré avec assurance Amouzou Djaké Kossiwa, Épse Bansah, vice-présidente du Conseil régional des Plateaux. Pour elle, cette initiative tombe à point nommé, alors que les conseils régionaux, élus pour la première fois en 2023, prennent peu à peu leurs marques sur le terrain.

Même satisfaction du côté de la région Centrale. Apoudjak Wahab, président de la commission économique du conseil régional, a mis en avant la pertinence de cette session de renforcement de capacités : « Nous sommes désormais mieux outillés sur les rapports qui doivent exister entre les différentes sortes de tutelle pour assurer un développement harmonieux au service des populations. » Une déclaration qui témoigne de l’intérêt croissant des élus régionaux pour une gouvernance locale rigoureuse, transparente et alignée avec les règles de l’État.

Cette initiative de l’ANFCT, en synergie avec le ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la chefferie coutumière, s’inscrit dans une série d’actions de formation continues destinées à professionnaliser les collectivités locales. Elle traduit également l’engagement de la Banque mondiale à accompagner les États africains dans leur dynamique de modernisation de l’action publique et de transformation de la gouvernance locale. Au Togo, où le processus de décentralisation amorcé depuis les années 2000 connaît une accélération depuis les élections municipales de 2019, ce type de formation est devenu un levier indispensable pour bâtir une administration territoriale performante et proche des réalités de terrain.

Si cette session a permis d’outiller les participants sur les contours juridiques et pratiques de la tutelle, elle a aussi ouvert un espace de dialogue et de concertation entre les différents niveaux de pouvoir. Les prochaines étapes porteront sans doute sur la vulgarisation de ces notions auprès des services techniques et des populations, afin que la décentralisation ne soit pas uniquement un transfert de compétences, mais aussi une réelle appropriation citoyenne du développement local.

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