À Lomé, ForHER et HALSA International outillent plusieurs jeunes filles de rue sur la santé sexuelle et reproductive

La plage de Lomé a servi de cadre, le vendredi 31 octobre 2025, à une initiative forte en symboles : une séance de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive (SSR) dédiée à au moins une cinquantaine de jeunes filles, mères vivant dans la rue. L’activité s’inscrit dans la dynamique de la Journée internationale de la jeune fille, célébrée chaque 11 octobre, et répond à une urgence sociale trop souvent ignorée : la vulnérabilité extrême des adolescentes et jeunes femmes livrées à elles-mêmes, souvent après des grossesses précoces, des ruptures familiales ou des violences basées sur le genre.

Portée par l’association ForHER, en partenariat avec HALSA International, la Maison Togonou et Jus Fadzi, l’initiative vise à apporter information, accompagnement et solidarité à une frange de la population qui cumule précarité, absence de protection, marginalisation et manque d’accès aux soins. Un choix cohérent avec les Objectifs de Développement Durable, notamment l’ODD 3 (Bonne santé et bien-être) et l’ODD 5 (Égalité entre les sexes).

« Nous avons organisé cet événement pour commémorer la Journée de la jeune femme », explique Flore-Laetitia Agassou, de l’ONG HALSA International. « C’est un événement avec de jeunes femmes, des mères et des mères célibataires qui sont dans les rues. Cet événement a été organisé pour sensibiliser à la santé sexuelle et reproductive, afin qu’elles connaissent leur cycle, leur hygiène menstruelle, et puissent prendre soin d’elles-mêmes. »

L’activité, menée dans une approche participative, a alterné explications techniques, causeries-débats, témoignages et échanges ouverts. Pour ForHER, l’enjeu dépasse largement cette seule journée.

« Cette activité s’inscrit dans une perspective de mise en œuvre d’un programme à l’endroit des jeunes filles en situation de rue afin d’organiser des séances de causeries-débat périodiques pour renforcer leurs connaissances », souligne la présidente de l’association, qui lance un « appel aux partenaires et donateurs » pour élargir l’accompagnement.

Au cœur des discussions : la gestion du cycle menstruel, la prévention des IST/VIH, la santé maternelle, les droits reproductifs, mais aussi l’hygiène corporelle dans des conditions de vie particulièrement difficiles.

Une facilitatrice de ForHER insiste : « Comme on célèbre la journée de la jeune fille chaque 11 octobre, nous avons voulu sensibiliser les jeunes filles spécifiquement sur l’hygiène menstruelle et corporelle. Nous avons expliqué l’apparition des règles, comment le phénomène se produit, comment se protéger, comment connaître et compter son cycle menstruel. »

Elle rappelle le caractère prioritaire de cibler les filles vivant dans la rue : « Elles sont une couche tellement vulnérable que l’accès aux protections ou aux matériels d’hygiène menstruelle est difficile. Il est impératif de les sensibiliser pour qu’elles puissent vivre ce moment avec un confort relatif. » Une nécessité confirmée par l’attention des participantes : « À travers leurs questions, nous avons compris qu’elles voulaient savoir davantage. »

Pour Keto Josée, l’une des bénéficiaires, la séance a été une révélation. « Nous avons appris plein de choses… Comment prendre soin de soi, comment se connaître soi-même et comment compter nos cycles. Certains éléments étaient flous ou méconnus, mais grâce aux Tatas qui sont passées aujourd’hui échanger avec nous, nous en avons appris beaucoup. Leur travail est précieux et nous prions qu’elles soient fortifiées pour en faire davantage. »

La rencontre s’est conclue par un déjeuner collectif, symbole d’un moment de partage rarement offert à ces jeunes filles, souvent contraintes de survivre dans ce qu’une intervenante appelle « la jungle qu’est la rue ».

En s’attaquant aux tabous liés au corps et à la santé reproductive, ForHER et ses partenaires rappellent que l’accès à l’information n’est pas un luxe, mais un droit fondamental. Ce 31 octobre 2025 restera, pour ces jeunes filles, mères, comme une bouffée d’air, un espace d’écoute, d’apprentissage, et peut-être le point de départ d’un nouveau regard sur elles-mêmes.

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