Qu’est ce que le Mécanisme de recours indépendant (MRI) ? Quels sont ses tenants et aboutissants ? Dans quelles circonstances s’exerce-t-il ? Tels sont entre autres les questions auxquelles se sont frottés les professionnels des médias membres de l’association togolaise des journalistes engagés pour l’environnement (ATJ2E). Ces derniers ont été appelés à renforcer leurs connaissances sur les mécanismes de recours liés aux financements climatiques, afin de mieux informer les populations et de contribuer à la défense des droits des communautés bénéficiaires des projets climatiques.
Dans cette perspective une session d’information consacrée au Mécanisme de Recours Indépendant (MRI) du Fonds vert pour le climat (FVC) s’est tenue lundi 10 août à Lomé. L’initiative, organisée par l’association Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) Cameroun, et JVE Togo s’est déroulée au siège de JVE Togo à Lomé.
La rencontre visait notamment à familiariser les journalistes avec le fonctionnement du MRI, un dispositif permettant aux personnes ou communautés affectées par des projets soutenus par le Fonds vert pour le climat de faire entendre leurs préoccupations et, le cas échéant, de déposer une plainte.
Selon Blondel Silenou, chef du projet IRM CSO Advocacy Grant 2026 à JVE Cameroun, la mise en place de ce mécanisme répond à la nécessité de garantir que les projets financés par le FVC respectent les droits et les intérêts des communautés concernées.
« Le Fonds vert pour le climat s’est rendu compte qu’il était important de garantir les droits des communautés qui bénéficient de financements ou de projets soutenus par cette institution », a-t-il expliqué.
Le MRI constitue ainsi un outil destiné à recevoir, examiner et traiter les préoccupations liées aux projets soutenus par le Fonds vert pour le climat. Il vise notamment à prévenir ou à remédier aux éventuels effets négatifs que ces projets pourraient avoir sur les populations.
Les journalistes, des acteurs clés de la sensibilisation
Pour les organisateurs, l’implication des médias est essentielle pour rendre ces mécanismes davantage accessibles au grand public. Les journalistes constituent en effet un maillon important dans la diffusion des informations relatives au financement climatique, aux projets soutenus par le FVC et aux droits des communautés.
« Qui de mieux que les journalistes pour diffuser l’information ? », s’est interrogé Blondel Silenou.

Une meilleure connaissance du MRI devrait permettre aux professionnels des médias d’aller au-delà de la simple couverture des projets climatiques. Ils pourraient également jouer un rôle dans l’identification des préoccupations des populations, le suivi des projets sur le terrain et la mise en lumière d’éventuelles violations ou difficultés rencontrées par les communautés.
Une première étape vers le renforcement des capacités
Les organisateurs reconnaissent toutefois que la session ne constitue qu’une introduction à un sujet particulièrement complexe. Une meilleure appropriation des mécanismes de recours nécessite, selon eux, des formations plus poussées.
« Nous avons fait une session d’information, mais nous ne sommes pas entrés suffisamment en profondeur dans toute la complexité des mécanismes de recours indépendants », a reconnu Blondel Silenou.
De son côté, Marceline Attegouah, chargée de programme à JVE Togo et représentante de la Caravane africaine pour la justice climatique, a souligné la pertinence d’impliquer davantage les journalistes dans les questions liées au financement climatique.
Cette nécessité apparaît d’autant plus importante dans un contexte marqué par l’actualisation des Contributions déterminées au niveau national (CDN) et du Plan national d’adaptation (PNA). Pour elle, les professionnels des médias doivent disposer des outils nécessaires pour comprendre les mécanismes de financement climatique et mieux accompagner les communautés dans la recherche de solutions et l’accès aux voies de recours.
Pour le président de l’association togolaise des journalistes engagés pour l’environnement (ATJ2E), Hector Nammangue, cette session de formation vient apporter un plus aux professionnels de la presse dans leur engagement pour la cause environnementale.
À travers cette première session, les organisateurs entendent donc poser les bases d’un programme plus large de renforcement des capacités des journalistes togolais. L’ambition est de multiplier les formations consacrées au financement climatique, à la transparence, à la redevabilité et à la protection des droits des communautés.
À terme, il s’agit de faire des médias de véritables relais entre les communautés, les acteurs du financement climatique et les mécanismes chargés de recevoir leurs préoccupations, afin que les populations soient mieux informées de leurs droits et des recours dont elles disposent.
