Le gouvernement togolais amorce une nouvelle réforme dans la gestion de l’énergie au sein des collectivités territoriales. Les bâtiments communaux devraient progressivement passer aux compteurs électriques à prépaiement, à la suite d’une séance de travail tenue le 11 mars 2026 entre les équipes techniques du ministère de l’administration territoriale, de la gouvernance locale et des affaires coutumières (MATGLAC) et une délégation de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), conduite par Edwige Dorso.
La rencontre, présidée par le secrétaire général du ministère, Esso Koudjoou, visait à préciser les modalités d’installation de ces équipements dans les administrations communales. Les discussions se sont appuyées sur l’arrêté interministériel du 3 octobre 2025, qui institue le déploiement de compteurs électriques à prépaiement dans les administrations publiques et auprès des usagers de la catégorie basse tension.
La réforme prévoit le remplacement progressif des compteurs électromécaniques actuellement utilisés par des compteurs communicants à prépaiement annonce Actu-Togo. Pour les communes, ce changement devrait permettre une meilleure maîtrise de la consommation d’électricité et une gestion plus rigoureuse des dépenses énergétiques. Grâce à ces équipements, les services techniques municipaux pourront suivre et contrôler à distance et en temps réel leur consommation.
Au-delà de la modernisation technologique, les discussions ont également porté sur la question sensible des arriérés de factures d’électricité des collectivités locales, un dossier considéré comme un préalable au déploiement effectif du dispositif. Les participants ont souligné la nécessité d’une collaboration étroite avec le ministère chargé des finances afin de traiter les dettes accumulées et créer les conditions d’une transition sereine vers le nouveau système.
Le recours au prépaiement devrait, selon les autorités, contribuer à assainir les relations financières entre les communes et la CEET. Le principe est simple : la consommation étant réglée à l’avance, le risque d’accumulation de nouvelles dettes se trouve fortement réduit.
Les compteurs communicants offrent également des fonctionnalités avancées par rapport aux anciens modèles. Ils permettent une lecture automatisée et précise de la consommation, sans nécessité de relevés manuels par des agents. Cette innovation devrait limiter les contestations liées aux erreurs de relevé tout en facilitant la facturation.
Pour les collectivités territoriales, l’accès à des données fiables sur la consommation énergétique constitue aussi un outil d’aide à la décision. Les communes pourront ainsi identifier les sources de gaspillage et optimiser leur gestion énergétique, dans un contexte où les charges d’électricité représentent une part non négligeable des dépenses de fonctionnement.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique plus large de rationalisation des dépenses énergétiques de l’État et de modernisation de l’administration publique. Depuis plusieurs années, les autorités togolaises cherchent à renforcer la discipline budgétaire des institutions publiques, notamment dans le cadre des politiques de décentralisation engagées depuis la mise en place des communes élues en 2019.
Les prochaines étapes consisteront à finaliser les modalités pratiques de déploiement et à établir un calendrier de mise en œuvre dans les différentes communes du pays. Un programme de formation devrait également être mis en place pour permettre aux agents communaux de maîtriser l’utilisation et la gestion de ces nouveaux équipements.
