Un mois après le limogeage de Nibombé Daré, la Fédération togolaise de football a finalement tranché. Ce jeudi, les autorités sportives ont officialisé la nomination du technicien français Patrice Neveu à la tête de la sélection nationale, les Eperviers du Togo, mettant fin à plusieurs semaines de spéculations marquées notamment par les pistes évoquant Hubert Velud ou Jean-Michel Cavalli.
À 72 ans, le nouvel homme fort des Éperviers arrive dans un contexte sportif particulièrement exigeant, alors que le football togolais traverse une période prolongée d’instabilité technique et de contre-performances. L’équipe nationale reste en effet absente des phases finales de la Coupe d’Afrique des Nations depuis plusieurs cycles, ayant manqué les éditions 2019, 2021, 2023 et 2025, une série qui a profondément entamé la confiance des supporters.
Le choix porté sur Patrice Neveu traduit clairement une volonté de privilégier l’expérience. Fin connaisseur du football africain, le technicien s’est forgé une solide réputation sur le continent depuis sa première aventure en 1999 avec l’AS Salé au Maroc, avant des passages en Tunisie, puis au Niger où il a occupé les fonctions de Directeur technique national. Après une parenthèse en Chine entre 2002 et 2004, il dirige successivement la Guinée de 2004 à 2007, la RD Congo entre 2008 et 2010, avant de marquer les esprits en qualifiant la Mauritanie pour le CHAN entre 2012 et 2014. Suivront des expériences en Haïti (2015-2016), au Horoya AC (2018-2019), puis à la tête du Gabon de 2019 à 2023, sa dernière mission internationale.

Sa nomination intervient dans un environnement où les attentes dépassent désormais le simple cadre des résultats immédiats. Au Togo, les débats autour de la gouvernance du football, de la formation locale et du renouvellement générationnel des Éperviers se sont intensifiés ces dernières années, notamment après les campagnes qualificatives manquées et les critiques récurrentes sur le manque d’identité de jeu.
Patrice Neveu aura ainsi pour mission prioritaire de reconstruire un collectif compétitif, capable de retrouver une régularité sportive, mais aussi de rétablir le lien entre la sélection nationale et un public marqué par les désillusions successives. Entre impératif de résultats rapides et reconstruction en profondeur, le nouveau sélectionneur prend les commandes d’une équipe sous pression, appelée à renouer avec son ambition continentale et à redonner au football togolais une crédibilité durable sur la scène africaine.
