Al a’dounmou 2025 : Les Haoussa célèbrent culture et fraternité à Lomé

La communauté Haoussa et alliés du Togo ont vibré, le samedi 30 août 2025, au rythme de leur tradition et de leur histoire. C’est le terrain Haoussa de Zongo, à Agoè-Nyivé, qui a servi de cadre à l’apothéose de la 2ème édition de « AL A’DOUNMOU », la grande fête culturelle qui rassemble chaque année ce peuple reconnu pour son rôle historique et son dynamisme dans la société togolaise.

Les activités de cette 2ème édition placée sous le thème « La Cohésion sociale, source de paix durable », ont démarré jeudi 28 août 2025 par une opération de salubrité publique dénommée ‘’Zongo propre’’. Celle-ci a été suivie vendredi 29 août 2025 par une grande prière musulmane à la mosquée centrale de Zongo pour rendre grâce à Dieu pour la paix dont jouit la communauté dans notre pays le Togo.

La journée apothéose a débuté par une prière religieuse dirigée par le grand imam de la mosquée centrale d’Haoussa Zongo, en signe de gratitude et de bénédiction. Rapidement, l’ambiance festive a pris le dessus avec des prestations variées : danses folkloriques, chants traditionnels, démonstrations de lutte, défilés de cavaliers et animations artistiques. Le public a également eu l’occasion de savourer des mets typiques de la gastronomie haoussa, symbole de convivialité et de partage.

Les autorités aux côtés de la communauté

La célébration festive a connu la présence de plusieurs personnalités de haut rang, dont le préfet d’Agoè-Nyivé, Kossi Wédiabalo Tinaka, représentant le gouvernement togolais et porteur du message du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Étaient également présents à cet évènement le maire d’Agoè-Nyivé 4, Abdoulaye Adamou, ainsi que de nombreux chefs traditionnels et représentants d’autres communautés.

Le Préfet d’Agoè-Nyivé, Dr Tinaka, représentant le Président du Conseil

Dans son allocution, le préfet a salué une initiative porteuse d’unité et de fraternité : « La célébration de cette fête revêt une signification profonde. Elle est un moment de retrouvailles, de communion fraternelle, mais surtout une occasion privilégiée de renforcer l’harmonie, la solidarité et le vivre-ensemble entre toutes les communautés qui cohabitent pacifiquement sur le territoire togolais. (…) La communauté Haoussa contribue, non seulement à la préservation et à la valorisation de son patrimoine culturel, mais également au renforcement du tissu social de notre pays. Ce geste mérite d’être salué et encouragé. »

Il a réaffirmé l’engagement de l’État à soutenir toutes les initiatives qui promeuvent la cohésion sociale et l’unité nationale.

Al a’dounmou, une symbolique de l’unicité des Haoussa

Pour le président du comité d’organisation, Mohamed Kakadendi, cette deuxième édition démontre une meilleure appropriation de la fête par les populations et les autorités. « C’est une profonde joie de voir que cette année, beaucoup plus de personnalités et de citoyens ont répondu présent. Cela prouve que la communauté Haoussa est bien enracinée au Togo et qu’elle participe pleinement à la vie nationale. Contrairement à certains clichés qui réduisent les Haoussa aux seuls commerçants, nous voulons montrer à travers cette fête que nous sommes aussi des artisans, des créateurs et des acteurs sociaux engagés », a-t-il expliqué.

Il a insisté sur la nécessité de transmettre ce patrimoine aux jeunes générations afin qu’elles connaissent et valorisent l’histoire de leurs ancêtres.

Un peuple à l’histoire ancienne et riche

L’événement a également été l’occasion pour le directeur du Centre culturel Haoussa du Togo, Soulemana Yahaya, de rappeler l’histoire de cette communauté au Togo.

Il a retracé l’arrivée des Haoussa aux XVe et XVIe siècles, attirés par les échanges commerciaux autour de la cola, du sel, de l’or et des tissus. Ils ont fondé plusieurs quartiers Zongo à travers le pays : Lomé, Aného, Sokodé, Atakpamé, Kara, Bassar, Dapaong, mais aussi Guérin-Kouka, Sansané-Mango, Baguida et bien d’autres.

Au fil du temps, les « Zongo » sont devenus de véritables centres de commerce, de spiritualité et de sociabilité. Les Haoussa ont joué un rôle d’intermédiaires commerciaux entre le nord et le sud du Togo, notamment sous la colonisation allemande puis française. Ils se sont distingués comme leaders religieux, érudits et maîtres coraniques, contribuant à la diffusion de l’islam.

Depuis l’indépendance, la communauté Haoussa s’est intégrée pleinement dans la vie nationale, occupant des postes de responsabilité dans la politique, l’administration, l’armée, le commerce et la culture, tout en restant attachée à ses traditions.

Une reine au service de la communauté

La reine des Haoussa du Togo, Hadja Balkissou Moumouni

Un moment marquant de cette deuxième édition a été la présentation officielle de la reine des Haoussa du Togo, Hadja Balkissou Moumouni, récemment intronisée. Elle fait office de figure de représentation et de défense des intérêts des femmes de la communauté. Porte-voix des femmes, la reine mère joue un rôle social de premier plan : écoute, accompagnement et plaidoyer en faveur des femmes. Au vu de son rôle d’autorité morale de premier rang, ses décisions ne sont pas contestables au sein de la gent féminine.

Une fête au service de la cohésion sociale

À travers Al a’dounmou, les Haoussa du Togo entendent rappeler leur double engagement : préserver leur identité culturelle et contribuer à l’édification d’une nation unie et prospère. La diversité des prestations et l’unité affichée autour de cette fête illustrent la volonté de ce peuple de continuer à jouer son rôle dans la mosaïque culturelle togolaise.

Cette 2ème édition d’AL a’dounmou s’est ainsi achevée dans une ambiance festive, fraternelle et pleine d’enseignements, confirmant l’importance de la culture comme vecteur de cohésion sociale et de vivre-ensemble au Togo.

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