Quatorze personnes en situation de handicap ont reçu, vendredi 30 octobre 2026 à Lomé, des équipements destinés à adapter leurs postes de travail à leurs besoins. Cette initiative, portée par la Fédération togolaise des associations de personnes handicapées (FETAPH), avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ et son projet ProEmploi+, s’inscrit dans une démarche plus large visant à favoriser l’autonomie et l’inclusion professionnelle. Au total, 21 bénéficiaires ont été identifiés, dont sept doivent encore recevoir certains équipements, notamment des prothèses et des cannes.
Mobilier ergonomique, matériel informatique équipé de logiciels spécifiques, fauteuils, aides techniques à la mobilité et autres équipements individualisés : la dotation répond aux difficultés rencontrées par des travailleurs handicapés dans l’exercice quotidien de leurs fonctions. L’objectif est de réduire les obstacles matériels et de leur permettre de mobiliser pleinement leurs compétences, sans dépendre systématiquement de l’assistance de leurs collègues.
Présidant la cérémonie au nom de la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, le secrétaire général du ministère, Nukunu Yaovi Edem Flagbe, a rappelé que la responsabilité de l’inclusion ne pouvait reposer uniquement sur les personnes concernées. « Il ne s’agit plus de demander à la personne handicapée de s’adapter à toutes les contraintes de son environnement professionnel, mais de rendre cet environnement accessible », a-t-il souligné.
Selon Wibke Ott, cheffe du projet ProEmploi+ à la GIZ, une évaluation préalable a permis d’identifier 21 personnes déjà en activité dont les postes nécessitaient des aménagements. Quatorze ont bénéficié des équipements disponibles lors de la cérémonie, tandis que les sept autres seront accompagnées ultérieurement.
Pour le président du conseil d’administration de la FETAPH, Gratien E. Akakpo-Noumado, la sélection a reposé sur un appel à manifestation d’intérêt adressé aux personnes handicapées en activité et désireuses d’améliorer leur autonomie professionnelle. « Les fiches d’appel à candidature ont été diffusées sur nos réseaux et des personnes handicapées ont postulé. Une commission a ensuite étudié les dossiers renseignés et procédé à un tri en fonction des critères définis avec la GIZ et des orientations de la Fédération togolaise des associations de personnes handicapées », a-t-il expliqué.
Les équipements ont été choisis en fonction des besoins spécifiques de chaque bénéficiaire. « Tout ce qui a été offert aujourd’hui constitue ce que nous appelons des aménagements raisonnables. C’est en fonction de chaque personne handicapée, de ses besoins spécifiques, que les kits ont été acquis », a précisé Gratien E. Akakpo-Noumado. Il cite notamment les ordinateurs dotés de logiciels permettant aux personnes ayant une déficience visuelle de lire les documents numériques, les fauteuils roulants, les chaises et tables adaptées à la morphologie des bénéficiaires, les cannes blanches et les cannes anglaises.
Les témoignages recueillis illustrent concrètement l’importance de ces adaptations. Essi Gan, formée aux soins corporels et au massage, pourra désormais se servir d’un ordinateur pour enregistrer les informations relatives à ses clients et mieux suivre leurs besoins. Pour M. Pariou, qui travaille dans l’administration, l’enjeu est celui de l’autonomie dans l’exécution des tâches quotidiennes. Jusqu’ici, l’inaccessibilité des documents papier l’obligeait à solliciter régulièrement ses collègues pour prendre connaissance de leur contenu.
« Mon outil de travail est constitué généralement de documents physiques qui me sont inaccessibles parce que je ne peux pas lire ce qui est écrit dessus. Pour travailler, il faut donc que je sollicite mes collaborateurs afin qu’ils me rendent le contenu de ces documents. Je suis ainsi devenu dépendant et mon autonomie est quasiment annulée », a-t-il témoigné.
La dotation en matériel informatique, en mobilier et en aides techniques devrait, selon lui, changer cette situation. « Aujourd’hui, avec tout ce matériel constitué d’outils informatiques, de bureaux, de fauteuils et de cannes, c’est mon autonomie personnelle, comme celle de mes collègues fonctionnaires, qui est renforcée. C’est notre indépendance dans l’exécution des tâches demandées par nos supérieurs hiérarchiques qui est multipliée », a-t-il déclaré. Il estime que cette initiative donne également une portée concrète aux dispositions des articles 26 et 27 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, consacrés respectivement à l’adaptation et à la réadaptation, ainsi qu’au travail et à l’emploi.
Le bénéficiaire a remercié la GIZ, la FETAPH et le ministère des Solidarités pour leur contribution à cette démarche. Il a notamment salué les actions de plaidoyer de la Fédération en faveur d’une société plus inclusive et appelé à poursuivre les efforts pour que les personnes handicapées puissent exercer leurs fonctions dans des conditions adaptées.
Au Togo, le contexte institutionnel évolue. Le 7 septembre 2026, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi relatif à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées. Le texte, qui doit encore suivre le processus législatif, prévoit notamment de renforcer les dispositions relatives à l’éducation, à la santé, à la formation professionnelle, à l’accessibilité et à l’emploi.
La remise d’équipements constitue ainsi une réponse concrète à certains obstacles rencontrés par les travailleurs handicapés. Mais l’enjeu dépasse la distribution ponctuelle de matériels. Il concerne leur entretien, leur renouvellement, la formation des bénéficiaires à leur utilisation et, surtout, l’engagement durable des administrations et des employeurs à adapter les environnements professionnels.
Pour Gratien E. Akakpo-Noumado, cette démarche doit contribuer à sortir d’une logique d’assistance pour aller vers l’autonomie économique. « Tout ce matériel contribue à rendre la personne plus autonome, plus indépendante et à lui permettre de se sentir plus utile et de déployer ses compétences au service du développement de notre cher pays, le Togo », a-t-il conclu.





