Au Shaanxi, le Président du Conseil togolais a découvert le modèle agricole du village de Nangou, où la culture de la pomme, l’organisation des producteurs et la mobilisation des communautés ont contribué à transformer l’économie locale. Une expérience qui ouvre des pistes de réflexion pour le développement des territoires togolais, sans garantir pour autant une transposition directe.
Le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, poursuit sa visite officielle en Chine avec un intérêt particulier pour les modèles de développement agricole et territorial. Le samedi 10 octobre 2026, dans la province du Shaanxi, il s’est rendu à Nangou, dans la région de Yan’an, pour découvrir une expérience locale fondée sur la valorisation des ressources agricoles, la structuration des producteurs et la participation des communautés.
La pomme est au cœur de la transformation de ce village chinois. En s’appuyant sur cette production emblématique, les acteurs locaux ont développé une activité économique qui dépasse la simple exploitation agricole. La mise en place de coopératives, l’amélioration des pratiques culturales et l’organisation de la commercialisation ont contribué à faire de la filière un levier de revenus et de développement rural. Selon les données publiées par les autorités chinoises, Nangou avait réussi à sortir de la pauvreté en 2018, grâce notamment à l’expansion de la culture fruitière et au développement du tourisme.
L’intérêt de cette expérience tient moins à la pomme elle-même qu’à la méthode : partir des potentialités d’un territoire, organiser les producteurs, améliorer les techniques de production et faciliter l’accès aux marchés. Une approche qui rappelle que le développement rural ne dépend pas uniquement des ressources naturelles, mais aussi de la capacité des acteurs à se structurer et à créer de la valeur au-delà de la récolte.
Pour le Togo, où l’agriculture demeure un secteur essentiel pour les revenus des ménages et l’emploi, ces enseignements peuvent nourrir la réflexion sur la modernisation des filières, la transformation des produits locaux et la commercialisation. Dans les régions togolaises, l’enjeu est notamment de renforcer les organisations de producteurs, d’améliorer les infrastructures de conservation et de transport et de développer des débouchés plus rémunérateurs. L’expérience de Nangou ne saurait toutefois être reproduite mécaniquement : les conditions climatiques, les ressources disponibles, les infrastructures et les marchés diffèrent entre le Shaanxi et le Togo.
Cette étape s’inscrit dans une visite officielle en Chine prévue du 9 au 16 octobre 2026, destinée à donner une nouvelle impulsion au partenariat stratégique global entre les deux pays, établi en septembre 2024. Les échanges annoncés portent notamment sur les investissements, la modernisation agricole et le partage d’expériences. Le programme comprend également des visites de terrain destinées à identifier de nouvelles possibilités de coopération.
Le déplacement au Shaanxi a aussi été marqué par l’intérêt porté aux technologies agricoles de Yangling, un centre chinois de recherche et d’innovation, ainsi que par des perspectives de coopération décentralisée entre cette province et la région togolaise de la Kara. Ces initiatives élargissent la coopération sino-togolaise au-delà des infrastructures, en mettant l’accent sur les compétences, l’innovation et le développement économique des territoires.
Reste à convertir ces observations en résultats mesurables pour les populations togolaises. Pour les producteurs, les critères seront concrets : un meilleur accès aux intrants et aux équipements, une hausse durable des rendements, des circuits de commercialisation plus efficaces et une plus grande part de la valeur ajoutée conservée localement. C’est à cette capacité d’adaptation et à ses retombées sur les revenus ruraux que se mesurera l’utilité de l’expérience chinoise pour le Togo.
