Le Ghana amorce un tournant majeur dans sa politique agricole. Le président John Dramani Mahama a annoncé la fin du système de subvention des engrais au profit d’une distribution entièrement gratuite, financée par le budget national de l’État.
« Nous avons acquis des engrais pour nos agriculteurs qui sont généralement vendus à des prix subventionnés. Cependant, cette fois-ci, j’ai donné instruction au ministre de l’Agriculture de les distribuer gratuitement », a déclaré le chef de l’État, cité par l’agence Ecofin. Une décision qualifiée d’audacieuse dans un contexte régional marqué par la hausse des coûts des intrants agricoles.
Concrètement, dès l’entrée en vigueur de cette mesure, les producteurs auront accès gratuitement aux engrais durant toute la saison agricole. L’objectif affiché par les autorités est clair : lever les contraintes financières qui pèsent sur les exploitants afin d’augmenter les superficies cultivées, améliorer les rendements et renforcer l’utilisation d’intrants par hectare, un indicateur clé de productivité agricole.
Ce choix intervient alors que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Togo, maintiennent encore des systèmes de subventions partielles pour soutenir les agriculteurs face à la volatilité des prix internationaux des fertilisants, exacerbée ces dernières années par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement. À Lomé, les autorités ont récemment mis l’accent sur l’amélioration de l’accès aux intrants et la modernisation des filières agricoles, sans toutefois franchir le cap de la gratuité totale.
En optant pour une prise en charge intégrale par l’État, Accra fait le pari d’un effet levier rapide sur la production agricole. Reste à savoir si ce modèle sera soutenable budgétairement sur le long terme et s’il inspirera d’autres pays de la sous-région confrontés aux mêmes défis de sécurité alimentaire et de productivité.
