Le président américain Donald Trump vient à nouveau de choquer le monde entier. Dans sa politique de désengagement multilatéral, le président américain a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales jugées par la Maison-Blanche comme ne servant « plus les intérêts américains ». Parmi elles figurent des institutions clés liées aux Nations unies, ainsi que des piliers majeurs de la gouvernance climatique mondiale, dont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio.
Selon l’exécutif américain, près de la moitié des 66 organisations concernées relèvent du système onusien. Le retrait de la CCNUCC marque un tournant symbolique et politique majeur : ce traité fondateur a servi de socle à l’ensemble des accords climatiques internationaux ultérieurs, notamment l’Accord de Paris de 2015, dont Donald Trump s’est retiré pour la deuxième fois dès son retour à la Maison-Blanche il y a un an. Les États-Unis s’éloignent ainsi formellement du cadre multilatéral qui structure la lutte mondiale contre le réchauffement climatique depuis plus de trois décennies.
La décision a suscité de vives réactions en Europe. Le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, a qualifié ce retrait de « regrettable et malheureux ». « La CCNUCC est le pilier de l’action mondiale en faveur du climat. Elle rassemble les pays pour réduire les émissions, s’adapter au changement climatique et suivre les progrès accomplis. La décision prise par la première économie mondiale et le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre de s’en retirer est profondément préoccupante », a-t-il écrit sur LinkedIn.
Le décret présidentiel va plus loin. Il acte également la sortie des États-Unis du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), référence scientifique mondiale sur le climat, ainsi que d’organisations œuvrant dans la protection de l’environnement et la gestion des ressources, comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’Union internationale pour la conservation de la nature ou encore ONU-Eau. Une orientation assumée par Donald Trump, qui avait déjà provoqué l’indignation en septembre, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, en qualifiant le réchauffement climatique de « plus grande arnaque de notre histoire » et en vantant les mérites du charbon « propre et magnifique ».
Le retrait américain concerne aussi le Fonds des Nations unies pour la population, spécialisé dans la santé maternelle et infantile, dont Washington avait déjà suspendu les financements il y a plusieurs mois. Dans la même logique, Donald Trump a officialisé la sortie des États-Unis de l’UNESCO, réintégrée sous la présidence de Joe Biden, et de l’Organisation mondiale de la santé, basée à Genève, renouant avec les décisions prises lors de son premier mandat.
En toile de fond, l’administration Trump a drastiquement réduit l’aide américaine à l’étranger, entraînant une contraction sévère des budgets de plusieurs agences onusiennes opérant sur le terrain, notamment le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et le Programme alimentaire mondial. Une évolution qui fragilise davantage les dispositifs humanitaires et climatiques dans les pays en développement.
