Éditorial : Octobre est passé, la promesse s’est envolée avec !

Quand un responsable de la trempe du directeur général de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) annonce publiquement la fin du délestage pour le mois d’octobre, les populations sont en droit de le croire. Mais nous sommes en novembre et les coupures d’électricité continuent. Alors, que s’est-il passé ? La promesse était-elle fondée sur des garanties solides ou a-t-on vendu aux Togolais un espoir qui ne reposait sur aucune certitude ?

Les Togolais ont attendu la fin du mois d’octobre avec une certaine espérance. À la télévision nationale, le directeur général de la CEET avait annoncé que le calvaire du délestage prendrait fin au cours de ce mois. Une déclaration qui avait de quoi rassurer des milliers de ménages, de commerçants, d’artisans et d’entreprises éprouvés par les interruptions répétées de la fourniture d’électricité.

Mais voilà, octobre est derrière nous. Novembre a commencé et les coupures de courant, elles, n’ont pas pris congé. Dans plusieurs quartiers, les populations continuent de subir les interruptions d’électricité, avec leurs conséquences sur les activités économiques, la conservation des produits alimentaires, le fonctionnement des équipements et le quotidien des familles.

Promesse non tenue : où sont passées les garanties ?

Il ne s’agit pas ici de nier les difficultés techniques auxquelles peut être confronté la structure. Il nous avait été annoncé des travaux d’entretien qui aurait dus être faits plus tôt. Les travaux ont il prit plus de temps que prévu ? Ou les ordres du DG n’ont pas été exécutés ?

Sur quelles données le directeur général s’était-il appuyé pour fixer la fin du délestage à octobre ? Les approvisionnements étaient-ils sécurisés ? Les capacités de production et de distribution étaient-elles suffisamment renforcées ? Les travaux annoncés étaient-ils effectivement achevés ? Les partenaires concernés avaient-ils donné toutes les garanties nécessaires ?

Autant de questions qui méritent aujourd’hui des réponses. Mais précisément ! C’est parce que le secteur de l’électricité est complexe qu’un responsable placé à la tête d’une société stratégique comme la CEET doit prendre toutes les précautions avant de faire une annonce aussi catégorique.

Car, à défaut d’explications, une interrogation embarrassante demeure : le directeur général disposait-il réellement des éléments lui permettant d’affirmer que le délestage prendrait fin en octobre ? Ou a-t-il communiqué sur la base d’espoirs et de projections qui n’étaient pas encore suffisamment consolidés ?

La parole publique ne doit pas être une promesse en l’air

Un directeur général ne parle pas en son seul nom lorsqu’il s’exprime sur une chaîne de télévision nationale à propos d’une question aussi sensible. Il engage, au moins dans la perception du public, la crédibilité de l’entreprise qu’il dirige et la confiance des consommateurs envers le service public.

Sa parole a donc un poids. Elle suscite des attentes et nourrit des espoirs. Lorsqu’elle n’est pas suivie d’effets, elle expose l’institution à la déception et à la défiance.

Un responsable de cette envergure doit savoir qu’il ne suffit pas de vouloir rassurer les populations. Il faut pouvoir le faire sur la base d’informations vérifiées et de garanties concrètes. Mieux vaut annoncer prudemment une amélioration progressive de la situation que promettre une disparition du délestage à une échéance précise sans être certain de pouvoir tenir cet engagement.

La communication institutionnelle ne saurait devenir un exercice consistant à calmer momentanément l’opinion. Elle doit être le reflet de la réalité opérationnelle, des avancées effectivement réalisées et des difficultés qui restent à surmonter.

Les populations méritent des explications, pas un nouveau calendrier de promesses

Aujourd’hui, les consommateurs ne demandent pas des discours supplémentaires. Ils veulent comprendre. Pourquoi les coupures se poursuivent-elles alors que leur fin avait été annoncée pour octobre ? Quels obstacles ont empêché la réalisation de cet engagement ? Les prévisions initiales étaient-elles erronées ? Les travaux ou les mesures censés mettre fin au délestage ont-ils connu des retards ? Et surtout, quel est désormais le calendrier réaliste pour un retour à une fourniture régulière de l’électricité ?

Il appartient à la direction générale de la CEET de sortir du silence et d’apporter des réponses précises. Pas des explications générales, encore moins une nouvelle échéance lancée à la hâte pour apaiser la colère des consommateurs. Les populations ont besoin de faits, de transparence et d’un calendrier crédible.

L’électricité n’est pas un luxe. Elle est indispensable à la vie quotidienne, à l’éducation, à la santé, au commerce et à la production. Chaque coupure a un coût, souvent supporté par des citoyens qui, eux, continuent de payer leurs factures.

Le directeur général de la CEET doit donc mesurer la portée de ses déclarations. Une promesse publique n’est pas une simple formule destinée à rassurer le téléspectateur du moment. C’est un engagement qui appelle des résultats ou, à défaut, des explications.

Octobre est passé. Le délestage est toujours là. Il est désormais temps que la CEET explique aux Togolais ce qui n’a pas marché et tant qu’il est encore temps, qu’on ne nous vende plus du vent.

F.P.

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