Quelques jours seulement après son départ de la primature, Ousmane Sonko effectue un retour spectaculaire au sommet de l’appareil d’État sénégalais. L’ancien Premier ministre a été élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal avec une majorité écrasante de 132 voix sur 165 suffrages exprimés, sans aucun vote contre ni bulletin nul.
Cette élection, organisée au cours d’une séance plénière particulièrement suivie à Dakar, intervient dans un contexte de recomposition politique et institutionnelle marqué par la démission préalable du président sortant de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, ainsi que par les récents réaménagements intervenus au sommet de l’exécutif sénégalais.
Le scrutin, tenu à bulletin secret conformément au règlement intérieur du Parlement, a consacré une victoire quasi unanime du leader du PASTEF, soutenu par la large majorité parlementaire acquise à son camp politique. Avec 132 voix favorables sur 133 votants, Ousmane Sonko obtient l’un des scores les plus massifs enregistrés ces dernières années pour l’élection d’un président de l’Assemblée nationale au Sénégal.
L’absence totale de voix contre ou de bulletins nuls traduit l’ampleur du rapport de force actuellement favorable au camp présidentiel au sein de l’hémicycle. Cette démonstration de puissance politique confirme également l’influence intacte de Sonko auprès des députés de la majorité, malgré les tensions qui avaient récemment alimenté les débats autour de son avenir institutionnel.
Avec cette nouvelle fonction, Ousmane Sonko devient officiellement la deuxième personnalité de l’État sénégalais derrière le président Bassirou Diomaye Faye. Il prend désormais la tête de l’Assemblée nationale avec des prérogatives majeures : conduite des travaux parlementaires, supervision du Bureau de l’Assemblée et contrôle de l’agenda législatif.
Cette nomination intervient dans une période charnière pour le Sénégal, confronté à de fortes attentes sociales et économiques après l’alternance politique portée par le PASTEF. Entre réformes institutionnelles, gouvernance, exploitation des ressources pétrolières et défis liés au coût de la vie, le nouveau président de l’Assemblée nationale sera désormais au cœur des grands arbitrages politiques du pays.
Sur le plan symbolique, cette élection confirme surtout qu’Ousmane Sonko demeure l’une des figures centrales du pouvoir sénégalais. Longtemps présenté comme le principal moteur politique de l’alternance ayant conduit Bassirou Diomaye Faye à la présidence, il conserve aujourd’hui une capacité d’influence considérable sur les institutions et sur la majorité parlementaire.
Dans les milieux politiques dakarois, certains observateurs voient déjà dans cette réorganisation institutionnelle une manière de maintenir un équilibre interne au sommet du pouvoir tout en consolidant le contrôle du PASTEF sur les principaux leviers de l’État.
Quoi qu’il en soit, avec 132 voix sur 165, Ousmane Sonko signe un retour politique retentissant et s’installe plus que jamais comme l’un des hommes forts du Sénégal post-alternance.
