Dans le cadre de la célébration en différé de la Journée internationale des droits des femmes (JIDF), l’Association des Femmes et Filles Handicapées Vaillantes des Savanes (A2FHV-S) a organisé, vendredi 13 mai 2026 à la maison des jeunes de la préfecture de Tandjoaré, une rencontre de sensibilisation et d’échanges sur les droits des personnes handicapées. Une quarantaine de femmes et filles handicapées venues des huit cantons de la commune de Tandjoaré 1 ont pris part à cette activité présidée par le secrétaire général de la préfecture de Tandjoaré, Darpak Souk, représentant le préfet.
Organisée avec l’appui financier et technique de Disability Rights Fund (DRF), cette rencontre constitue la deuxième activité inscrite dans le cadre du projet intitulé : « Plaidoyer pour le renforcement de la participation des femmes handicapées dans la gouvernance locale ». Les échanges et sensibilisations ont porté sur le thème retenu cette année : « Droits, justice et action : pour toutes les femmes et les filles ».
Le premier panel, consacré aux droits et devoirs des personnes handicapées a permis de rappeler aux participantes que quel que soit leur handicap, elles disposent des mêmes droits que tous les autres citoyens : droit à l’éducation, aux soins de santé, au vote ainsi qu’à l’accès aux postes de responsabilité. Les intervenants ont également insisté sur les devoirs citoyens qui leur incombent notamment leur participation active au développement de leurs communautés.
Une séance de jeux-réponses a aussi marqué la rencontre afin d’évaluer la culture générale des participantes. Les gagnantes ont reçu des gobelets en récompense. Par ailleurs, des bassines plastiques à l’effigie de l’organisation ainsi que des vêtements ont été distribués à l’ensemble des participantes.
L’un des moments forts de l’événement a été l’intervention en vidéoconférence depuis Haïti de Mme Joan, responsable Afrique des projets financés par le Disability Rights Fund (DRF). Elle a félicité l’A2FHV-S pour le travail remarquable qu’elle accomplit dans la promotion des droits des personnes handicapées dans la région des Savanes. Soucieuse de mieux comprendre les réalités vécues par ces femmes et filles handicapées, elle les a invitées à partager les difficultés auxquelles elles font face au quotidien.
Au cours des échanges, plusieurs préoccupations ont été soulevées avec insistance notamment le manque de moyens pour acquérir du matériel de travail pour celles ayant appris un métier, l’absence d’emplois pour les jeunes malgré les efforts consentis par leurs parents pour leur scolarisation, le manque de financements pour développer des activités génératrices de revenus, ainsi que les besoins en béquilles, cannes, fauteuils roulants et vélos adaptés.
Tout en rassurant les participantes sur la prise en compte de leurs préoccupations, Mme Joan a rappelé l’importance des initiatives personnelles pour améliorer leurs conditions de vie, estimant qu’il est nécessaire de faire preuve d’engagement avant d’espérer tout autre soutien.
En ouvrant officiellement les travaux, le secrétaire général de la préfecture de Tandjoaré, représentant le préfet a salué la forte mobilisation des participantes et félicité l’A2FHV-S pour ses initiatives en faveur des personnes handicapées. Il s’est également réjoui du choix porté sur la préfecture de Tandjoaré dans la mise en œuvre de plusieurs projets sociaux à l’endroit des personnes en situations de handicap, tout en réaffirmant la disponibilité des autorités locales à accompagner toute action visant l’épanouissement des personnes handicapées.
De son côté, le deuxième adjoint au maire de la commune de Tandjoaré 1, Douti Pascaline, a rassuré quant à la prise en compte des droits des personnes handicapées dans les politiques locales. Elle a affirmé que les portes de la commune restent ouvertes à cette couche vulnérable et a promis la mise en place de mécanismes permettant de dénoncer les cas de violences et de discrimination.
Pour la directrice exécutive de l’A2FHV-S, Mme Francoise Dogomangue, cette activité a connu un véritable succès au vu des échanges pertinents et constructifs ayant eu lieu. Elle a formulé le vœu qu’elle contribue à améliorer durablement les conditions de vie des participantes. « À la fin de cette activité, je crois que les femmes repartent avec beaucoup d’enseignements. C’est toujours un honneur pour nous d’accompagner ces braves femmes », a-t-elle laissé entendre.
La rencontre a pris fin avec la remise d’un document de plaidoyer aux autorités locales afin de favoriser la prise en compte des besoins spécifiques des femmes et filles handicapées dans les politiques et actions de développement local.
Abdoulaye Kam


