Togo : 13 détenus maintenus en prison, l’opposition hausse le ton et parle d’arbitraire

Au Togo, la question des détentions à caractère politique revient au cœur du débat public. Malgré un arrêt rendu le 18 février par la chambre d’accusation de la cour d’appel de Lomé ordonnant la libération de 13 détenus, ces derniers restent incarcérés en prison, une situation que plusieurs acteurs de l’opposition dénoncent comme une remise en cause de l’autorité judiciaire.

Dans un communiqué conjoint publié le 2 mai, des regroupements politiques et citoyens, notamment « Touche Pas à Ma Constitution », la Dynamique Monseigneur Kpodzro, la Dynamique pour la Majorité du Peuple et la Lumière pour le Développement dans la Paix, exigent « la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des détenus politiques », avec une insistance particulière sur les 13 personnes concernées par la décision judiciaire du 18 février. Les signataires réclament également « la reconnaissance officielle et la réparation des préjudices dus aux violations des droits dont ils ont été victimes ».

Cette prise de position intervient dans un climat politique marqué par des tensions récurrentes autour des libertés publiques et de l’État de droit. Pour les responsables de ces organisations, le maintien en détention malgré une décision de justice alimente le sentiment d’arbitraire et fragilise la crédibilité des institutions.

Parmi les signataires du communiqué figurent Nathaniel Olympio, Thomas Kokou Nsoukpoé, Sambiri Targone et Tchagnaou Ouro-Akpo. Ceux-ci dénoncent également d’autres cas qu’ils qualifient de « détentions arbitraires », citant notamment Kpatcha Gnassingbé, Abi Atti, Jean-Paul Omoulou, l’humoriste Tayo ou encore l’activiste Affectio. Selon eux, ces personnes sont « embastillées pour leurs opinions politiques ».

Au total, l’opposition estime à environ 70, le nombre de « détenus politiques » dans le pays, un chiffre difficile à vérifier de manière indépendante mais régulièrement avancé dans le débat public. Dans leur déclaration, les signataires appellent à une mobilisation accrue de la population pour « mettre fin aux abus de pouvoir » et obtenir la libération des personnes concernées.

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