Au lendemain de l’adoption d’une résolution du Parlement européen sur la situation des droits humains dans le pays, le ministère togolais des Affaires étrangères a convoqué en urgence le chef de la délégation de l’UE à Lomé, Gwilym Jones.
Selon notre confrère auxnouvelles, le texte adopté à Strasbourg fait explicitement référence à l’affaire Abdoul Aziz Goma, du nom d’un militant interpellé et incarcéré depuis plusieurs mois dans le cadre d’une procédure judiciaire toujours en cours.
Les eurodéputés disent s’inquiéter des « atteintes aux libertés fondamentales » et appellent les autorités togolaises à « garantir un procès équitable et transparent ».
À Lomé, la réaction ne s’est pas fait attendre. A en croire notre confrère auxnouvelles, le gouvernement a dénoncé une ingérence jugée « inacceptable et constitutive d’une atteinte à la souveraineté nationale ».
Le confrère cite une source diplomatique : « Le ministre togolais des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de l’Union européenne après la résolution jugée ingérente du Parlement européen sur une affaire purement judiciaire. Le Togo exige des explications immédiates. »
Le Togo n’est pas à son premier bras de fer avec ses partenaires européens. Déjà en 2017, les discussions sur la révision constitutionnelle avaient suscité de vives réactions au sein du Parlement européen, qui s’était montré critique sur la gouvernance démocratique.
La réplique de Lomé avait alors été la même : dénoncer toute tentative de « diktat » étranger sur ses choix internes.
