Arrêté le 26 juin dernier dans un contexte de manifestations sous haute tension à Lomé, Raphaël Kokou Eboahun, auxiliaire en pharmacie et surveillant à l’hôpital de Bè, a finalement recouvré la liberté. Porte-parole du collège des délégués du personnel de l’établissement hospitalier, Eboahun était accusé, selon le Collectif des syndicats et organisations corporatistes de la santé, d’avoir photographié les forces de sécurité pendant les événements. Une accusation qui a conduit à sa détention à la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) relevant de la Direction Générale de la Police Nationale.
Sa libération, intervenue après plusieurs jours de détention, a été obtenue à l’issue de démarches soutenues auprès des autorités. « Nous remercions les autorités pour l’aboutissement des négociations et l’issue favorable », a déclaré Gilbert Tsolenyanu, porte-parole du Collectif. Un collège d’avocats mandaté par le syndicat s’est également impliqué dans le suivi judiciaire du dossier, confirmant ainsi l’importance du cas dans le climat socioprofessionnel actuel.
Cette arrestation a suscité une vive inquiétude parmi les agents de santé, dans un contexte où les syndicats affirment régulièrement leur droit à l’expression et à la mobilisation. « Nous rappelons d’ores et déjà que les mots d’ordre des syndicats sont toujours signés en toute responsabilité et respect des procédures légales internationales et nationales », a rappelé Gilbert Tsolenyanu, insistant sur la légitimité des actions syndicales en cours.
L’incident survient dans une atmosphère tendue, marquée par des manifestations annoncées sur plusieurs jours dans la capitale togolaise. Selon le Collectif, les abords de l’hôpital de Bè ont été le théâtre de tirs de gaz lacrymogène au plus fort des événements. Des tirs qui auraient provoqué un incendie sur l’ambulance de l’établissement, mettant en péril la sécurité des patients et du personnel médical.
