À partir de ce lundi 28 septembre 2026, les patients couverts par une assurance maladie privée pourraient devoir avancer eux-mêmes les frais de leurs soins dans les formations sanitaires privées. L’Association des Médecins Privés du Togo (AMPT) demande en effet à ses membres de suspendre temporairement le mécanisme du tiers payant pendant 72 heures.
La décision, prise le 14 septembre dernier, a été communiquée aux promoteurs des formations sanitaires privées. Dans son courrier, le bureau de l’AMPT demande notamment de suspendre le remplissage des fiches d’assurance jusqu’au mercredi 30 septembre inclus.
Derrière cette mesure se trouve un différend entre les médecins privés et l’Association Professionnelle des Sociétés d’Assurances Privées (APSAP). L’AMPT dénonce notamment l’existence de nombreuses factures de prestations médicales qui, selon elle, restent impayées. L’association déplore également l’absence d’une convention suffisamment adaptée au contexte actuel de l’Assurance maladie universelle (AMU) et à la pratique de la complémentarité par les assurances privées.
Le tiers payant permet normalement à un assuré de recevoir des soins sans régler directement la totalité de la facture. Le prestataire de santé adresse ensuite les pièces nécessaires à l’assureur, qui prend en charge les dépenses couvertes par le contrat. La suspension annoncée par l’AMPT modifie donc temporairement ce mécanisme pour les détenteurs d’une assurance privée.
Concrètement, les patients concernés pourraient être appelés à payer directement leurs soins avant de solliciter, selon les modalités prévues par leur contrat, un éventuel remboursement auprès de leur assureur.
La mesure ne concerne toutefois pas les prises en charge relevant de l’AMU. Les fiches de l’Institut national d’assurance maladie (INAM) et de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) restent utilisables dans les formations sanitaires concernées.
Cette situation intervient alors que les relations entre les acteurs du secteur privé de la santé et les compagnies d’assurance constituent déjà un sujet de discussion avec les pouvoirs publics. Le 4 septembre 2026, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Koffi E. Tessi, avait reçu une délégation de l’AMPT. Les échanges avaient notamment porté sur l’harmonisation des coûts et de la tarification des actes médicaux, les agréments des établissements privés ainsi que les mécanismes de prise en charge et de remboursement des actes par les compagnies d’assurance.
La suspension annoncée du 28 au 30 septembre place ainsi les patients au centre d’un différend dont les principaux enjeux portent sur le paiement des prestations et les conditions de collaboration entre établissements privés et assureurs.
Pour les formations sanitaires privées, l’AMPT appelle au respect de la mesure et à la mobilisation autour des revendications du secteur. Pour les assurés privés, l’enjeu immédiat est surtout financier : pendant ces 72 heures, ils pourraient devoir disposer des fonds nécessaires pour régler leurs soins avant un éventuel remboursement.
Le différend devra désormais trouver une issue afin d’éviter que les tensions entre prestataires et assureurs ne perturbent durablement l’accès aux soins des patients bénéficiant d’une couverture privée.
