Corps abandonnés à la morgue du CHU-SO : un ultimatum donné aux familles

La morgue du Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio (CHU-SO) de Lomé fait de nouveau face à une situation préoccupante. Dans un communiqué daté du 23 septembre 2026, la direction générale alerte sur une recrudescence des abandons de dépouilles et demande aux familles concernées de régulariser leur situation avant le 23 octobre 2026.

Selon le CHU-SO, plusieurs corps déposés par des proches restent depuis plusieurs mois sans être réclamés. Cette situation entraîne une saturation de la capacité d’accueil de la morgue et complique les conditions de conservation des dépouilles, avec des conséquences sur l’hygiène et le fonctionnement du service.

L’établissement cible notamment les usagers ayant laissé les dépouilles de leurs parents ou proches à la morgue depuis plus de trois mois. Ils sont invités à prendre attache avec le responsable du service afin d’accomplir les formalités nécessaires au retrait des corps.

Le délai fixé par la direction est clair : vendredi 23 octobre 2026. Passée cette échéance, les dépouilles concernées seront inhumées, précise le communiqué signé par le directeur général du CHU-SO, le médecin lieutenant-colonel Agbobli Yawo Apélété. La liste actualisée des corps abandonnés est disponible auprès de la direction de l’établissement.

Cette nouvelle alerte ne constitue toutefois pas un épisode isolé. En juin 2025, le CHU-SO avait déjà publié un avis faisant état d’une « recrudescence d’abandons » de corps dans sa morgue et avait accordé aux familles concernées un délai avant leur inhumation.

Un an plus tôt, le problème était déjà suffisamment important pour faire l’objet d’une alerte publique. En novembre 2023, la présidence de la République rapportait que des corps de personnes décédées depuis 2019 se trouvaient toujours dans la morgue du CHU-SO. Une centaine de corps, parfois non identifiés, étaient alors concernés. Le directeur de l’établissement expliquait cette situation notamment par les difficultés financières de familles incapables de régler les frais liés à la prise en charge des défunts.

La question dépasse ainsi la seule gestion des capacités frigorifiques. Derrière chaque dépouille abandonnée se trouvent potentiellement des difficultés économiques, des conflits familiaux, des problèmes d’identification ou l’absence de proches en mesure d’assumer les démarches et les frais liés aux obsèques. Mais pour l’hôpital, la prolongation indéfinie du séjour des corps crée aussi une contrainte sanitaire et logistique.

Le CHU-SO a d’ailleurs prévu en 2026 un contrat spécifique consacré à « l’entretien et l’hygiène de la morgue », pour un montant de 12 085 500 FCFA, signe que la conservation des dépouilles constitue également un enjeu de fonctionnement et de santé publique.

Pour les proches concernés, le compte à rebours est désormais lancé. Ils disposent jusqu’au 23 octobre 2026 pour se manifester auprès du CHU-SO. Au-delà, les corps laissés à la morgue sans régularisation seront inhumés, selon la décision annoncée par la direction.

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